La sophrologie est une science ?

La méthodologie de recherche de la sophrologie

Pour son travail de recherche sur la conscience, le Dr Caycedo décide de s’appuyer sur « la méthode phénoménologique » ainsi qu’il le dit lui-même : « Pour créer cette nouvelle science de la conscience, je devais nécessairement m’appuyer sur la méthode phénoménologique » .

Pour élaborer sa Méthode et chacune des techniques de la sophrologie, le Dr Caycedo a appliqué de façon systématique « l’observation phénoménologique » selon les étapes suivantes :
– anamnèse : le sophrologue identifie les capacités que le pratiquant souhaite renforcer. Une fois identifiées, et grâce à son intuition, il choisira le type de technique le plus approprié ;
– pratique vivantiellle de la Méthode Caycedo et des Techniques phroniques spécifiques : le sophrologue guide la technique choisie et propose au pratiquant de l’expérimenter durant une période de temps déterminée ;
– phénodescription : le pratiquant fait une description de la « vivance » par écrit ou à l’oral ;
– sophro-analyse vivantielle caycédienne : le sophrologue analyse la « vivance » afin d’évaluer si le pratiquant a bien compris, vécu et intégré « l’objectif vivantiel » de la technique. Le sophrologue oriente le pratiquant de façon à ce qu’il découvre par lui-même les structures de sa conscience et puisse en faire la conquête.

Le Dr Caycedo décrit ces étapes comme étant fondamentales pour la recherche de la conscience de l’être humain ; elles sont basées sur « la phénoménologie existentielle » et sa méthode de « réduction phénoménologique ». Cette méthode permet de décrire de façon phénoménologique la façon dont le pratiquant découvre et conquiert les essences de sa conscience (structures, états, niveaux et capacités) et son orientation axiologique.

Les méthodes choisies par la sophrologie s’appliquent aussi bien à la connaissance théorique qu’à la connaissance pratique qui sont les deux dimensions – complémentaires – d’une même discipline.

Examinons quelques-unes de ces méthodes :

  • La méthode qualitative
    La sophrologie suit les orientations de « la méthode qualitative » des « sciences factuelles » dans la mesure où son approche des phénomènes et des événements de la conscience se fait avec le plus grand respect, en prenant l’information directement dans les « vivances » des pratiquants et en analysant ces « vivances » sans a priori ni préjugés, dans la perspective d’établir les protocoles des techniques et des pratiques qu’il convient d’appliquer. Pour ce travail, la sophrologie dispose de l’aide et de l’assistance de la phénoménologie et de l’herméneutique sur lesquelles elle s’appuie et qui sont les deux phares qui la guident.
  • La méthode phénoménologique
    Depuis le début, le Dr Caycedo comprit parfaitement que, pour la nouvelle science qu’il était en train de créer, c’était la méthode phénoménologique qui était la plus appropriée. Cette méthode a apporté à la sophrologie un mode d’approche différent du « phénomène de la conscience » et de ses « vivances ». L’usage de « l’intentionnalité », l’efficacité des degrés de « réduction phénoménologique » et la « mise entre parenthèses » ont permis à la sophrologie de découvrir la structure de la conscience, ses états et ses niveaux ainsi que ses capacités. De même, cette méthode a servi à l’élaboration des Techniques phroniques et de chacun des douze Degrés de la Relaxation Dynamique de Caycedo.
  • Méthode inductive – déductive
    Ces deux méthodes sont en lien réciproque et se complètent, même si parfois une importance plus grande est donnée à l’une d’entre elles ; les êtres et les faits individuels sont les objets d’étude de « la méthode inductive », tandis que « la méthode déductive » aborde ces êtres ou ces faits dans leur universalité. Dans cette « méthode inductive-déductive », la science commence avec des observations individuelles, à partir desquelles dans un deuxième temps, seront proposées des « généralisations » dont le contenu va au-delà de celui des faits observés initialement.

En sophrologie, cette méthode de recherche « inductive-déductive » est abordée depuis une perspective phénoménologique. « L’induction » ou hypothèse de travail qui est proposée se fait à partir de la « réduction phénoménologique » et de « l’intuition », sans a priori ni préjugés.

 

  • Méthode analytique et méthode synthétique
    « Analyser » signifie diviser en différentes parties un objet ou un fait, et étudier séparément chacune de ces parties ; « synthétiser » signifie réunir en un seul concept les différents aspects analysés.En sophrologie, la Méthode Caycedo, structurellement, suit la « méthode analytique » et « la méthode synthétique » . Nous observons tout d’abord que la structure et l’ordre opératoire suivis par la Méthode sont « analytiques » car la personne, objet de la Méthode, est étudiée méthodiquement à travers les différents éléments qui la composent : son essence – corps, esprit, conscience, âme –, (1er et 2ème Cycles de la Méthode) et son existence (3e Cycle de la Méthode). Chaque Degré des différents Cycles de la Méthode Caycedo fait travailler un objectif vivantiel spécifique. Dans chacun des Degrés de la RDC, le sophronisant fait l’expérience – la « vivance » – du corps dans ses différentes parties – les « Systèmes Isocay » – et aussi du corps dans sa globalité. Grâce à cette stratégie, il peut davantage prendre conscience d’une région particulière de son corps – de sa forme, de son mouvement, de ses différents tissus (ceux de la peau, ceux des muscles, ceux des os) ainsi que des organes internes – ou de tout son corps. Par conséquent, le sophronisant « fait vivance » avec lui-même, en se situant dans une perspective à la fois analytique et synthétique. A la fin de chaque Degré et de chaque Cycle, le pratiquant peut constater que sa « vivance » s’est enrichie et que lui-même s’est transformé de telle sorte qu’il est en mesure de vivre la synthèse du « moi phronique fondamental », du « moi phronique radical » et du « moi phronique existentiel », jusqu’à atteindre le « moi sophronique » qui est la synthèse des trois « moi » qui constituent l’être humain.Nous pouvons dire que chacune des différentes méthodes que nous venons d’exposer a favorisé la découverte de nouvelles connaissances et a permis d’en proposer et d’en clarifier d’autres ; toutes ces connaissances font partie du patrimoine épistémologique et scientifique de la sophrologie.
  • La méthode quantitative
    La Sophrologie Caycedienne a également fait l’objet de recherches quantitatives basées sur des études expérimentales contrôlées dans lesquelles sont appliquées aussi les méthodes inductive–déductive et analytico–synthétique.
    Il existe des publications – d’autres doivent paraître prochainement – dans lesquelles est démontrée l’efficacité de la sophrologie à travers des tests psychométriques dont la validité est certifiée. Ces tests sont faits avant et après la pratique d’un entraînement sophrologique précis ou d’une intervention contrôlée auprès de groupes homogènes de personnes présentant des caractéristiques similaires (anxiété, etc.).

 

Sofrocay, Académie internationale de Sophrologie Caycédienne, a créé une commission scientifique : elle a pour vocation d’encourager des travaux de recherche basés sur des études quantitatives et qualitatives qui permettent d’accréditer scientifiquement la validité de la sophrologie. Avec cet objectif, plusieurs programmes de recherche ont été développés dans différents Centres catalans, sous la supervision du Pr Bulbena, professeur agrégé de psychiatrie de l’Université Autonome de Barcelone.

La sophrologie est-elle une science ?

La sophrologie est-elle une science ? ; et si c’est le cas, quelle sorte de science est-elle ?

  • la sophrologie a un champ de recherche bien défini qui est la conscience. Même si elle le partage avec d’autres sciences, la sophrologie l’aborde à partir d’une perspective qui lui est propre et originale : l’approche de la conscience en elle-même, dans son essence, et de la conscience sophronique qui toutes deux, caractérisent l’objet formel qui est le sien.
  • la sophrologie a une connaissance juste des structures responsables de la constitution de la conscience, qui est son champ de travail ; ainsi qu’une connaissance juste des principes et des lois qui régissent et orientent la pratique de l’action sophrologique vers la conquête de son objectif, qui est l’acquisition d’une conscience en équilibre.
  • la sophrologie est dotée d’une méthode propre et spécifique, appelée Méthode Caycedo ; les fondements de cette Méthode et son application permettent à la sophrologie d’être classée en tant que science factuelle.
  • la méthode d’étude utilisée, aussi bien pour développer des théories et des modèles sur la conscience, que pour élaborer la Méthode Caycedo, est la phénoménologie, même s’il a été fait appel aussi à d’autres méthodes complémentaires comme la méthode inductive-déductive .
  • quant à la vérification de l’efficacité de la sophrologie : les arguments que nous avons présentés attestent de façon satisfaisante la validité de la sophrologie en tant que science ; preuve en est son développement et l’accueil favorable qu’elle a reçu dans le secteur de la médecine et dans celui des sciences de la santé, ainsi que dans le milieu éducatif et sportif et ceux de la prévention et du développement personnel.
  • la présence de la sophrologie dans des symposiums et congrès témoigne également de sa qualité de « science ouverte » qui peut être présentée et partagée par d’autres sciences ou disciplines.
  • les différentes formations proposées aux sophrologues ainsi que la participation de milliers de personnes au Master en Sophrologie Caycédienne est un autre indicateur du sérieux et de la validité de cette science qu’est la sophrologie.
  • les résultats de la recherche qualitative : phénodescriptions, témoignages.
  • les résultats de la recherche quantitative – les études prospectives contrôlées – de la sophrologie certifient cautionnent également le bien-fondé scientifique de cette discipline.
  • le nombre important de publications – livres, thèses doctorales, écrits, articles, recherches, exposés et conférences – renforce et consolide la valeur scientifique de la sophrologie.

Conclusion : Grâce à toutes les considérations logiques que nous venons de faire et à l’étayage méthodologique que nous avons mis en lumière, l’affirmation selon laquelle la sophrologie est une véritable science est pleinement justifiée et démontrée.

Caycedo, N (2018). Science et Sophrologie. Barcelone: Ed Sofrocay